Une autre grande étape de notre périple argentin s’est passée dans la province de Salta qui se trouve au nord-ouest du pays.

Bien que ma préférence va sans conteste à la Patagonie, cette région très différente mais également magnifique, m’a également énormément plu. Voici la suite de mon carnet de voyage:

21.07.2013 & 22.07.13: Trajet entre Mendoza et Salta

Ce soir, c’est direction Salta et pour atteindre cette terre promise, nous devons faire environ 18h de bus depuis Mendoza.

Nous arrivons au terminal de bus à 20h07 et nous nous attendons à partir à 20h30. Petit coup d’adrénaline lorsque nous voyons que notre bus n’est pas annoncé. Mais après quelques sueurs froides et l’impression de vivre un épisode de Pékin Express, nous comprenons que nous ne faisons finalement que l’expérience de la ponctualité argentine…ouf ! Enfin, gla gla, car 1h10 d’attente au froid, ce n’est pas ce dont nous avions le plus rêvé…

Mais enfin, c’est partiiii ! Et ce n’est pas peu dire… Nous sommes à l’étage supérieur du bus et les virages que le chauffeur prend avec fougue sont accentués par la hauteur. Nous essayons de dormir un peu, mais les arrêts réguliers nous réveillent. Il faut dire que le chauffeur annonce les arrêts avec passion. Nous réalisons d’ailleurs rapidement que nous avons meilleur temps de dormir plutôt que de rester conscients de la conduite sportive de notre chauffeur. Nos signes de croix se succèdent… Lorsque le jour se lève, nous sommes un peu glauques et on sait que les 8h de route qui nous séparent encore de Salta vont être rudes.

Un petit incident en milieu de journée nous fait à nouveau réaliser à quel point les règles de circulation sont indicatives. Lorsque notre bus se trouve devant une route barrée pour raison inconnue, notre chauffeur ne tarda pas à se décider à s’aventurer sur la route en terre se trouvant au milieu des champs de cannes à sucre. C’est surprenant, mais on ne va pas mentir : ça fait quand même du bien psychologiquement d’avoir l’impression d’avancer un peu.

Après plus de 20h de route, Salta commence à se dresser devant nos yeux. Quel soulagement ! Nous remarquons rapidement que les gens y sont beaucoup plus typés qu’au sud, ce qui accentuera notre sentiment de dépaysement.

Nous arrivons finalement au B&B Bloomers. Ses chambres charmantes et colorées- dotées de petits jardins et vérandas- nous charmeront très vite. Il est l’heure de s’allonger enfin et de se ressourcer avant de découvrir cette ville prometteuse d’un peu plus près. 

23.07.2013 : SALTA

Cette journée fut dédiée à l’exploration de Salta ainsi qu’à l’organisation des jours suivants. Ultra efficaces, on exploite la concurrence et trouvons les meilleures deals (on l’espère!) pour :

  • une visite guidée de Cafayate le lendemain
  • une location de voiture

Nous sommes alors fins prêts pour ces prochains jours.

Le reste de la journée se poursuit autour de la grande place (très charmante dans son style conquistador) et les terrasses offrants des limonades fraîches à tomber.

Peu habitués à la siesta traditionnelle, nous nous retrouvons devant passablement de portes clauses. On décide donc d’improviser. La ville a plein de charme et la température est plus clémente que les jours précédents : le bonheur est total! 

24.07.2013 : CAFAYATE

Lever à l’aube pour un départ théorique à 7h15. Nous partirons finalement à 8h, c’est pas si mal… Pierre, un Français établi à Salta depuis 2 ans, nous accueille dans le minibus. Après 2h de bus rythmées par de nombreuses interventions de notre guide, mais aussi par la fougue non contenue de Walter le chauffeur, nous rentrons dans la vallée qui constitue le but de notre périple. Rouges, vertes, grises… les roches colorées se succèdent, nous surprenant à chaque fois avec leurs combinaisons inédites. Les arrêts (hélas express) s’enchaînent et nous permettent d’admirer les gorges du Diable, l’amphithéâtre etc. C’est un peu trop blindé de touristes et d’attrape touristes à notre goût, mais c’était tout de même un bon compromis étant donné le peu de temps que nous avions à disposition pour découvrir la région.

Après une visite de cave, nous découvrons la ville même de Cafayate, puis rentrons à toute vitesse (et c’est peu dire !) à Salta. Demain, nous irons explorer le nord. L’impatience me guette !

25.07.2013 : SALINAS GRANDES

Nous voici sur la route des Salinas Grandes où nous nous rendons grâce à une voiture que nous avons louée pour 2 jours. Au programme : paysages à couper le souffle, photos si possible exceptionnelles sur cette fameuse étendue de sel, puis « pueblos » de la région. Après env. 3 heures de route, mon chauffeur hors pair (qui s’adapte drôlement aux coutumes locales : dépassement lorsqu’il y a un double marquage jaune, limitations de vitesses considérées comme indicatives…) fait son premier arrêt dans un pueblo de renom : Pumamarca. Il commence à faire faim et nous décidons d’explorer le fameux village que nous voyons sur beaucoup de cartes postales. Et c’est la déception !!! Il fallait s’y attendre, c’est über-touristique ! Au vu de cela et du fait que nous savons que la route sera encore longue, nous décidons d’y manger rapidement quelque chose, puis de continuer dès que possible notre chemin.

Allez, en voiture pour 1h30 de contours qui feraient pâlir n’importe quelle route de montagne suisse (oui, même les valaisannes, Romain !) où les haut le cœur ne sont jamais bien loin. Mais qu’est-ce que ça en valait la peine ! Les paysages se succèdent, mais ne se ressemblent pas : pierres multicolores, paysages typiquement andins, steppes presque désertiques et étendue de sel… Cette diversité nous laisse presque sans voix. Le passage du col aussi d’ailleurs ! Il se situe à plus de 4’000m d’altitude et ne manque pas de nous éduquer rapidement sur les maux qu’une telle altitude peut causer.

Après avoir joué avec nos appareils photos et été éblouis par une telle étendue salée, nous nous remettons en route pour atteindre cette fois Tilcara, le petit village andin où nous passerons la nuit. La route est une fois de plus splendide et je remercie le chauffeur de bien avoir voulu s’arrêter maintes fois sur le chemin pour que je puisse prendre des photos. Il faut dire qu’autant les paysages que la faune s’y prêtaient !

Nous arrivons à notre B&B épuisés. Siesta, puis recherche d’un restau où manger. Notre hôte nous avait parlé d’une sympathique pena locale et nous décidons d’aller voir si nos papilles pouvaient se délecter d’un petit plat de lama. Rêve accompli : steaks de lama trouvés et engouffrés tout ceci accompagné d’un groupe de chanteurs de la région qui nous on fait passer un très bon moment. Ils paraissaient très drôles également, mais nos lacunes en espagnol ne nous ont pas permis de faire plus que quelques sourires crispés…

26.07.2013 : TILCARA- SALTA

Réveil en douceur à 2’500m d’altitude avec encore des images plein la tête. Heureusement, le mal de tête persistant lié à l’altitude n’est plus qu’un mauvais souvenir. Au programme du jour : Humahuaca, petit village andin à 50 km plus au nord. On reprend la route et le chauffeur se fait une joie de profiter du système argentin et de franchir les doubles lignes à foison. Ceci non sans quelques sueurs froides du côté passager, cela va sans dire…

Humahuaca est un village plutôt charmant avec ses maisons typiques en pierres rouges (même rouge que les montagnes). On flâne dans les petites rues étroites sous un soleil de plomb. Nos thermiques semblent FINALEMENT de trop 😉 On gravit les marches d’un monument dédié à un chef guerrier qui a délivré la ville des Espagnols. Pfiou, avec ces marches, on ressent encore bien les effets de l’altitude…

On retourne ensuite gentiment à Salta où la soirée se termine autour d’une parilla (BBQ argentin) qui nous a permis de goûter à toutes sortes de morceaux de viande différents (agneau, bœuf, poulet, saucisse, boudin) ainsi qu’à divers légumes grillés. Nous sommes conquis !

27.07.2013 : DIA DEL GAUCHO

Aujourd’hui, nous passons la journée dans la peau d’un Gaucho. Deux messieurs habillés de manière traditionnelle viennent nous chercher à notre hôtel dans un pick-up d’un autre âge. Le temps d’aller chercher un couple d’Argentins et nous voilà partis sur un chemin de terre dans la montagne. Vu la route et le style de pilotage du chauffeur, nous regrettons presque d’avoir pris notre deuxième croissant lors du petit-déjeuner. On arrive enfin dans une petite vallée coupée du monde et nous arrêtons près d’un ranch composé de 2 bâtiments typiques. C’est ici que nous passerons la nuit et nous sommes directement conquis.

Ce n’est pas tout, mais il est temps de se mettre en selle : Romain sur General et moi sur Arlequin, 2 étalons blancs, on se met en route pour le sommet de la montagne. On se fait directement remettre à l’ordre, notre façon de monter étant apparemment trop européenne. Guillermo nous apprend donc à monter comme un gaucho : une seule main sur les rênes et l’autre posée de manière nonchalante sur la hanche. Durant la montée sur un sentier de montagne étroit, Guillermo I, notre fier Gaucho, nous conte avec malice et fierté des histoires de serpents à sonnette et d’attaques de sangliers sauvages. Il aime parler (majoritairement aux hommes) et ça se voit !

Une dernière anecdote sur ses exploits en rodéo et on se remet en selle pour une descente très escarpée. A force, on s’y fait et on commence à faire confiance à nos montures. Après un bref galop dans un champ, on est de retour au ranch pour une parilla d’anthologie, la meilleure qu’on ait mangée d’après Romain. Légumes bio du jardin et pièces de bœuf se succèdent, le tout arrosé de quelques cruches de vin de Salta. On en redemande !

Pour la balade de l’après-midi, Guillermo II prend le relais. Et oui, ils sont 2 Guillermo au ranch, il faut le faire ! Quelques lignes sur ce dernier: il s’agit d’un vrai personnage. Une dent manquante, les joues remplies de feuilles de coca et un sourire qui ne le quitte jamais. Il a particulièrement aimé discuter (ok, c’était plutôt un monologue) avec Romain qui n’a jamais osé lui briser le cœur en lui avouant que son espagnol était plus que limité…

Le parcours sera plus tranquille, mais nos postérieurs n’en souffreront pas moins, surtout que la torture avait déjà commencé le matin-même. Mais les gauchos restent fiers et ne se plaignent pas ! Nous attendrons donc d’être seuls pour le faire…

La soirée s’achève autour d’un plat typique, la cassoleta, suivi par une sortie sous un ciel étoilé de compétition. La voie lactée, presque à portée de mains, nous fera rêver pendant de longues minutes…

©Nadine Wick
©Nadine Wick

28.07.2013: DANS LA PEAU D’UN GAUCHO (suite)

Après une petite promenade près du ranch où nous pouvons enfin observer quelques perroquets, il est temps de dire au revoir à nos 2 Guillermo. C’est le cœur un peu serré que nous descendons de notre montagne avec une route sinueuse à souhait et un chauffeur qui ferait pâlir d’envie n’importe quel chauffeur de rallye. Un signe de la croix et quelques visions d’horreur plus tard (le chauffeur nous montre une fois de plus que l’utilisation de mouchoirs ne fait vraiment pas partie de la culture. Bon il a au moins la décence de jeter ses trouvailles par la fenêtre…), nous arrivons à l’arrêt de bus tant craint : celui qui sera le point de départ de notre trajet de bus de 24h !!! Comme nous avons quelques heures d’avance, nous décidons de tester « el teleferico » qui devrait nous permettre d’avoir une belle vue d’ensemble de Salta. En voyant l’état de l’exploitation mi gaucho et moi-même sommes rassurés de voir une pancarte qui nous indique qu’il a été fabriqué en Suisse… Ouf, nous sommes en haut ! La vue nous fait prendre conscience de la grandeur insuspectée de la ville de Salta et de l’ampleur de la passion argentine pour le foot. Y a-t-il plus de stades que d’églises ? Un doute persiste… Une boisson au pomelo plus tard, nous redescendons pour affronter notre destin : LE bus (merci de trembler en lisant ces lignes…). C’est partiii et même à l’heure (1ère fois en Argentine !). Iguazu nous voilà ! Enfin, il faudra patienter un peu et nos estomacs devront aussi un peu s’accrocher. Moi je décide de vivre dans le déni en ne regardant pas la route et en me disant que si la mort est proche, nous le saurons bien assez tôt. Romain est quant à lui plus courageux et ose jeter un petit regard vers l’avant de temps à autre et d’affronter « l’horreur » de la situation : dépassements peu appropriés, appels de phares des voitures se trouvant en sens inverse, risque de se retourner…

Nous arrivons finalement (en vie !!!) à la Pasada où nous changeons de bus. On nous avait dit que le trajet suivant devait durer 2h, il en a duré 5 ! Dur, dur, duuuur… Mais nous arrivons finalement et nous faisons amener dans notre hôtel de rêve (merci booking pour cette promotion !) au milieu de la forêt avec piscine… et jacuzzi ! Nous mettons enfin ( !) des shorts et nous rendons à la piscine sans plus attendre. Fin d’après-midi relaxe et repas du soir au restau de l’hôtel : les énormes verres de vin finissent de nous conquérir. Et demain : les cataratas de Iguazu, youhouhou !

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